
Le PDG d'Armor-lux a été décoré par Bernadette Malgorn vendredi dans les locaux de l'usine. L'occasion de revenir sur un parcours exceptionnel.
Alors qu'il vient de recevoir la Légion d'honneur des mains de Bernadette Malgorn, ancienne préfète de région, et candidate aux élections régionales, Jean-Guy Le Floc'h, PDG d'Armor-lux, offre un retour en arrière aux amis qui l'entourent, ce vendredi soir dans un des bâtiments de l'usine.« Cette distinction, le l'ai appris un dimanche matin alors que je buvais un café avec Joëlle, ma femme. J'ai tout de suite appelé mes parents... » Yvonne et Marcel sont là. Discrets. Leur fils continue. « Cette médaille, c'est à eux que je la dois. Merci. » Jean-Guy Le Floc'h se rappelle d'un autre dimanche, il y a 39 ans.« Papa et maman me conduisaient à Chateaubriand, je rentrais en prépa à Rennes. J'étais tout seul à l'arrière de la voiture. Arrivé sur place, je me trouvais bien seul, désemparé. Je pleurais... »
Aucun pathos, le chef d'entreprise raconte cela avec un brin de nostalgie parce que, ce jour-là, il fait connaissance d'un certain Michel Guéguen. Un gars de Coray. « Maman a remarqué ce jeune homme de bon aloi, allongé sur la pelouse avec deux copains de Quimper. Tout de suite, il m'a accepté dans ce petit groupe. » Michel Guéguen est, aujourd'hui, le bras droit du PDG d'Armor-lux. Les deux hommes forment un binôme amical et efficace.
« Il n'y a pas de secret »
Avant ce signe d'amitié, Jean-Guy Le Floc'h remercie Joëlle, sa femme, et ses enfants.« Je vous ai volé beaucoup de temps. Mais c'était pour une noble cause, l'entreprise et les emplois. » Il n'oublie pas d'associer les salariés qui, plus tard, lui offrent un cadeau. Et son ami Jean-François Garrec, président de la chambre de commerce. Dominique Le Page, déléguée syndicale, prend la parole pour saluer le travail du duo Le Floc'h - Guéguen. Dernier remerciement à Bernadette Malgorn, qu'il a connu au temps où elle défendait le textile en Lorrain ; « Avec Guillaume Hemery (Datar), elle m'a aidé à tenir la barre contre vents et marées. »
« La rage de réussir »
Jean-Guy Le Floc'h délivre un message simple. « Ici, à la pointe de la Bretagne, nous sommes compétitifs. Tous les jours, nous prenons des marchés. Il n'y a pas de secret. C'est grâce à la confiance mutuelle et la force bretonne de cette belle amitié. »
Bernadette Malgorn s'attache à retracer le parcours de ce breton, né à Carhaix un neuf novembre 1953. Deux ans après, ses parents s'installent à Plozévet, une commune dont on dit qu'elle compte le plus d'agrégés au mètre carré ! Jean-Guy le Floc'h ne sera pas agrégé. Il fera mieux : Centrale et Stanford University (Californie).
Plus tard, ce sera la rencontre avec la Bonneterie d'Armor, fondée par Walter Hubacher. Crise du textile, inondations, nouvelle usine, nouveaux marchés. Les obstacles sont effacés les uns après les autres. « En raison d'un lobbying malin ? Non, parce que vous étiez les meilleures ! Et parce que vous aviez la rage de réussir ! »
Ouest France